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Faire communauté pour réinventer la ruralité


L'incroyable modernité de la ruralité

Faire communauté pour réinventer la ruralité
Dans un article de la Tribune, Jean-Christophe Gallien, professeur associé à l'Université de Paris 1-Panthéon Sorbonne écrivait un article avec ce titre provocateur en affirmant que  "plus  que jamais, c'est le  le moment d'affirmer l'incroyable modernité de la ruralité".  Dans cet article, il définit la ruralité comme "le laboratoire d'un avenir individuel et collectif équilibré, durable, de progrès riche et intense au cœur des promesses d'un espace naturel protégé et valorisé".  

Cette modernite devrait selon lui reposer  sur  3 grandes éléments structurants: 

1. Une agriculture repensée non plus autour des volumes mais autour de la valeur. Cela rejoint les stratégies les plus avancées, développées  par les oays Europe du Nord qui ont compris avant les autres pays européens qu'il fallait se dégager de la "colonisation" de la compétitivité prix pour aller vers le "hors prix", seule solution pour résister à la guerre des prix pratiquée par les nouveaux pays industriels qui ont résolu la question de la productivité en pratiquant des politiques de bas salaires dignes du début de notre XIX e siècle. 

2. Le développement du tourisme rural qui correspond  à des besoins de plus en plus importants de la part des populations à conditions de  valoriser les ressources locales du terroir qu'elles soient environnementales ou culturelles. 

3. Le mix énergétique  combinant photovoltaïque, micro-éolien, micro-hydraulique, cogénération, méthanisation, transports publiques électriques constitue aussi un  formidable gisement de valeur et de compétitivité encore mal identifié qui peut non seulement  assurer une réelle autonomie énergétique des territoires mais être aussi une source de création d'emplois utiles à la planète. 

Pour conclure, il rappelle que " La nouvelle ruralité est une vraie chance de croissance pour notre pays" parce qu'elle offre "plus de réponses aux envies, aux attentes et aux rêves d'une partie de la population urbaine déjà en quête d'une vie nouvelle, différente". 

Faire renaissance

La ruralité n'est pas condamnée à rester prisonnière de son passé. Dans les années 80 -  90, de nombreux ouvrages présentaient cet univers comme déficitaire. On parlait de " La fin des paysans", de "la fin des terroirs", de la fin du commerce rural, etc...Des études plus récentes comme celles de  Bernard Pecqueur (2019) montrent que les acteurs commencent à sortir de ce qui apparaissait comme une forme d'effondrement. Ils inventent ce qu'on appelle aujourd'hui de nouvelles ruralités. 
 
Une étude du Sénat parue en 2008 a confirmé cette tendance. Cette renaissance ne se manifeste pas seulement par un accroissement et un renouvelement de la démographie générée par un retour migratoire vers les campagnes mais également par une autre façon de vivre la ruralité en développant notamment des pratiques innvantes et plus collaboratives: Gaec, MAP, SCIC, Associations, etc...

Un article plus récent du webmagazine Usbek & Rica, reposant sur une interview de Walter Grimault,  'auteur du livre "La renaissance des campagnes"   démontre que  l'image de la ruralité est en train de changer: Malgré plus de pauvreté, elle est moins  déshéritée qu’il y parait ....car elle est porteuse d'autres sources de création de valeur...
 
Vincent Banos et Jacqueline Candau nous font remarquer dans leur ouvrage de 2014 que la ruralité qui abrite 20% de la population française est également confrontée à une diversité sociale de plus en plus grande ce qui n'est pas sans conséquences sur les conditions du vivre ensemble qui se caractérise par une fragmentation des "règles de vie communes" conditionnant les sociabilités. Ils notent que  "l’individualisation des"comportements et la méfiance sont favorisées par l’absence de partage d’un même espace/temps et la marginalisation des personnes touchées par des formes diverses de pauvreté. "La diminution rapide du nombre des exploitants remet en cause les formes antérieures d’appropriation du foncier" (2014:6). 
 
Pour résumer, beaucoup de chercheurs s'accordent pour considérer que la ruralité constitue une alternative à un mode de vie contemporain qui devient de plus en plus difficile à supporter mais il reste encore beaucoup à imaginer et à faire pour que le potentiel soit possible durablement. 

Faire communauté pour faire renaissance

Si l'ambition des acteurs est de favoriser le redéveloppement du territoire, cela nécessite un préalable: faire communauté autour d'un projet partagé. 

Le grand sociologue Weber propose deux termes pour distinguer le fonctionnement d'un groupe social. Il utilise le terme de sociation pour définir la réunion d'invidus réunis par le simple besoin de partager des intérêts communs et le terme de communalisation pour désigner la volonté d'un groupe de partager une cause commune. La nature du lien entre les personnes est tres différente. Dans le premier modèle, les individus sont animés par une certaine rationalité calculatrice tandis que dans le second ils sont liés par une cause à défendre.  

L'association Histoire, Patrimoine et Territoire d'Avenir de Cros (63810) a été constituée sur un plan juridique et dispose d'un premier niveau d'organisation administrative qui fonctionne grâce au dévouement des bénévoles. Elle doit franchir maintenant une deuxième étape : se constituer comme communauté au sens de Weber.

Pour être plus précis, il s'agit de passer d'une communauté de destin à une communauté de dessein. Si la première  renvoit à une certaine forme de fatalité, la seconde   passe par la mise en action d'un projet collectif clair et partagé. La grande différence entre les deux c'est que la communauté de dessein à mobilisé les imaginaires, les intelligences et les désirs de faire l'histoire plutôt que de la subir.  Il y a encore un peu de chemin à faire mais l'assemblée générale du 12 Mars a montré que le processus était en route. 

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